L’email, un canal toujours en croissance
Le bruit court régulièrement que l’e-mail est un canal dépassé. Pourtant, les chiffres disent le contraire. Selon Statista, le volume quotidien d’e-mails envoyés et reçus devrait atteindre 392,5 milliards en 2026, confirmant sa place de pilier de nos échanges digitaux.
Je suis Katia, spécialiste en Email Marketing depuis 2011 et présidente de l’agence marketing Business Link, et je vais décrypter pour vous les grandes tendances qui transforment la boîte de réception en 2026.
Quel format de newsletter choisir en 2026 ?
J’aime dire qu’on arrive à un phénomène Tiktok, les temps d’attention et de concentration sont en net baisse, et combinés au nombre d’emails reçus par chacun quotidiennement, ainsi qu’aux infos extérieures qui nous arrivent (tâches à réaliser, appels, conversations, réunions), on arrive à un ras le bol général.
Face à cette surcharge informationnelle et à la réduction du temps d’attention, la tendance est à la micro-curation et à l’ultra-pertinence pour maximiser la lecture et l’engagement.
Newsletters « résumé » et micro-newsletters thématiques pour un gain de temps
L’idée est de faire gagner du temps à l’abonné. Il ne veut pas tout les contenus, une liste d’articles synthétique et ciblé suffisent. Il cliquera pour en lire davantage si un sujet suscite sa curiosité.
Newsletter « résumé »
Ce format rencontre un grand succès car elle donne de manière concise des actualités clés d’un secteur. Vous pouvez inclure un sommaire en début de news et détailler plus bas, intégrer des temps de lecture ou tout simplement lister les articles cliquables.
Quelques exemples :
- Les 5 infos clés du mois de Mai 2025
- Les 5 infos tech à retenir cette semaine
- Ce que vous avez manqué des actu’



Micro-newsletters thématiques
Au lieu d’une seule newsletter générique, les entreprises proposent plusieurs newsletters très ciblées (par exemple, une sur le marketing digital, une autre sur les logiciels RH). L’abonné s’inscrit à celle qui l’intéresse vraiment, garantissant une pertinence maximale.

Contenu exclusif : la newsletter devient un club
Un peu à l’image des canaux de discussion sur Insta’, l’idée ici est de faire entrer l’abonné dans un univers. L’inscription à la newsletter, surtout en B2B, devient un échange de valeur. L’offre doit être alléchante et offrir des contenus exclusifs réservés à leurs abonnés : rapports d’études inédits, guides pratiques avancés ou accès à des webinaires privés. La newsletter n’est plus un simple canal de diffusion, elle est un club d’accès à l’expertise.
Newsletter interactive et audio : diversifier l’expérience
Pour capter l’attention, il faut impliquer le lecteur.
Newsletter interactive
L’ajout de quiz, de sondages ou de blocs de contenu dynamiques (AMP) permet d’augmenter l’engagement et, surtout, de collecter des données précieuses sur les intérêts des abonnés (Zero-Party Data).
Newsletter audio
Pour les professionnels en déplacement ou qui préfèrent écouter, la newsletter se décline en un court podcast ou en une version audio de son contenu principal, accessible directement depuis le mail.
Conserver les principes fondamentaux de l’email marketing
Même avec les innovations, les bases techniques et éthiques restent le socle de la performance en 2026.
Le standard mobile-first et l’accessibilité
L’optimisation pour les téléphones portables n’est plus une option, c’est un impératif, car la majorité des destinataires consultent leurs e-mails sur mobile. Les designs doivent être épurés, les textes courts, et les boutons d’appel à l’action faciles à cliquer.
Cela va de fait avec la thématique de l’accessibilité. Vos messages doivent être conçu pour tous, y compris pour les personnes ayant besoin de lecteurs d’écran. Il faut alors adapter les tailles des boutons, les contrastes, baliser vos contenus, etc. Voir nos conseils sur l’accessibilité des emailings.
Consentement et mesure de la performance
Dans cette partie, je ne m’attarde pas, mais c’est une piqure de rappel sur les B-A-B de l’email marketing en France :
Le consentement reste roi : Le consentement explicite (opt-in clair) et la facilité du droit au désabonnement sont non négociables pour respecter le RGPD et protéger votre réputation d’expéditeur. Obligatoires depuis longtemps en B2C, attention, on y arrivera bientôt pour le B2B.
Et on continue à mesurer les retours ! Au-delà du taux d’ouverture (dont la fiabilité est parfois remise en cause), le focus est mis sur le taux de clic qualifié, la conversion post-clic, et la mesure des retombées business.
Inclure l’hyper-personnalisation
Enfin, il faut se service de la collecte de données avancée, pour améliorer l’expérience de vos campagnes emailings. Terminé le simple « Bonjour [Prénom] » ! La personnalisation doit être comportementale et prédictive : adapter le contenu, l’heure d’envoi, voire l’objet, en fonction de l’activité récente de l’abonné sur votre site.
Intégrer votre newsletter dans votre stratégie globale
En 2026, l’e-mail est un hub central qui doit s’intégrer dans un parcours client plus large et cohérent.
Au service de la stratégie First-Party Data (FPD)
L’e-mail est l’outil parfait pour la collecte et l’exploitation de la First-Party Data (FPD) et de la Zero-Party Data (ZPD). L’adresse e-mail est l’identifiant le plus fiable.
- En liant l’e-mail aux actions de l’abonné (clic sur un lien thématique, réponse à un quiz), vous enrichissez son profil.
- Cette donnée vous permet ensuite de faire de la personnalisation ultra-ciblée et de vous affranchir de la dépendance aux cookies tiers.
Interconnexion avec les autres canaux
Les newsletters ne sont plus des silos. Elles renvoient vers d’autres canaux de la marque (réseaux sociaux, podcasts, blog, événements) et s’intègrent dans le cycle de vie du prospect.
- Du lead à la maturité : L’e-mail sert de filet de sécurité pour la collecte de données (via pop-ups sur le site) et permet de faire maturer un prospect qui a été sensibilisé par une campagne d’influence (notoriété) ou un jeu-concours. En 2026, l’emailing reste l’outil idéal de conversion après l’acquisition.
Vivez dans votre temps, avec l’automatisation
L’automatisation n’est plus limitée à l’e-mail de bienvenue. Elle devient prédictive grâce à l’Intelligence Artificielle.
Scénarios d’automation comportementale avancée
Nous passons des scénarios basés sur une action unique (« Abandon de panier ») à des scénarios basés sur un ensemble de comportements et d’intentions. L’IA peut déclencher une série d’e-mails en fonction du temps passé sur une catégorie de produits ET du niveau de lecture des e-mails précédents.
L’optimisation par l’IA
L’IA permet aux plateformes d’automatiser des tâches qui étaient manuelles et chronophages :
- Optimisation du Send Time (heure d’envoi) : L’e-mail est envoyé à chaque abonné à l’heure précise où il est le plus susceptible d’ouvrir sa boîte.
- Tests de contenu : L’IA peut permettre de créer des A/B tests plus poussés. Le gain de temps est dans la capacité au robot à générer des dizaines de variations d’objets, de lignes d’accroche, ou de blocs d’images pour trouver la meilleure performance avant l’envoi de masse.
Conclusion
En conclusion, l’Email Marketing en 2026 est la preuve que les canaux traditionnels, lorsqu’ils s’appuient sur l’hyper-personnalisation pilotée par la donnée et l’automatisation intelligente, restent les plus puissants pour le ROI.
Bien entendu, l’IA doit intervenir en support et soutien d’une action pensée par l’humain. N’oubliez pas que les solutions IA ne ressentent pas. Dans certains axes évoqués pour 2026, la notion de relation premium, de contenus exclusifs sont liés à de l’émotionnel. Aucun tableau de bord ne vous permettra de mesurer : la pertinence, la connexion et la confiance.
